ORSAY : UNE FORMATION À LA FAC DE DROIT POUR FAIRE COHABITER RELIGION ET LAÏCITÉ

Catégorie
REVUE DE PRESSE
Date
mercredi 24 juin 2015

C’est une coïncidence qui résonne avec force. « Le projet a pris une tout autre ampleur depuis les attentats de janvier », reconnaît Brigitte Basdevant, professeur de droit à l’université Paris Sud d’Orsay.

A la rentrée 2015, l’établissement va être l’un des premiers en France à proposer un diplôme intitulé « République et religions ». Cette initiative a été lancée, dès novembre 2014, à la demande du bureau des cultes du ministère de l’Intérieur, qui finance très largement ce cursus. « Nous avons mal compris notre laïcité. C’est un manque en France. Ce problème a été évacué au lieu d’être pris avec hauteur et exigence », confie Brigitte Basdevant.

Les inscriptions ont été lancées il y a quelques jours. Elles s’étaleront jusqu’à octobre pour un début des cours en novembre. Au programme, 140 heures d’études sanctionnées par un examen final. Car il ne suffit pas de participer pour obtenir le diplôme. Les 20 à 25 élèves doivent avoir le bac, ou son équivalent à l’étranger, et s’exprimer correctement en français. « L’objectif, c’est de créer un dialogue, de se connaître, en se rapprochant d’un cours particulier. Une bonne compréhension de la langue permet de ne pas laisser traîner d’ambiguïtés. Sinon, ce serait contre-productif », explique la professeur.

Le public visé ? Les aumôniers, le personnel hospitalier…

Les cours auront lieu le soir ou le samedi matin. Car si ce diplôme est accessible aux étudiants, il vise surtout les personnes pouvant être confrontées à la religion dans leur travail, comme les aumôniers de prison mais aussi le personnel hospitalier, administratif, associatif ou encore le monde de l’entreprise. Les cas sont concrets. Que faire si un parent demande la création de vestiaires séparés pour garçons et filles ? Comment un patron doit réagir si un de ses employés juif doit quitter le travail plus tôt le vendredi ? Quelle peut-être l’éducation religieuse d’un enfant de parents séparés et de confessions différentes ? « Les gens sont totalement dépourvus de réponses », constate Brigitte Basdevant.

L’enseignement reposera sur deux socles, mis au point en partenariat avec l’école pratique des hautes études. D’abord, le contexte des religions en France, au niveau historique, sociologique ou institutionnel. « Ce n’est pas un cours de théologie. Nous ne rentrons pas dans les dogmes », précise l’enseignante. Ensuite, tous les aspects juridiques comme le financement, la fiscalité, le droit du travail, de la famille, la question des signes religieux, les lieux de culte… Les élèves auront également un mémoire à rédiger.

L’université Paris Sud n’a pas été choisie au hasard. Son centre de recherche « Droit et sociétés religieuses » est à la pointe dans ce domaine. Brigitte Basdevant a noué des contacts avec plusieurs associations et cultes. Les communautés musulmanes se sont d’ores et déjà montrées intéressées. « C’est vers eux que le ministère de l’Intérieur met l’accent. Mais il serait dommage de rester en vase clos », affirme-t-elle.

SOURCE

http://www.leparisien.fr/orsay-91400/orsay-une-formation-a-la-fac-de-droit-pour-faire-cohabiter-religion-et-laicite-22-06-2015-4883271.php

 
 

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