BIENTÔT UN LABEL "VALEURS RÉPUBLICAINES" POUR LES ASSOCIATIONS DE LUTTE CONTRE LE RACISME

Catégorie
REVUE DE PRESSE
Date
mercredi 2 septembre 2015

Parue pendant l'été, une circulaire pose les jalons de la mise en œuvre du label "valeurs de la République" pour les associations et du parrainage citoyen, deux dispositions figurant dans le plan de lutte contre le racisme et l'antisémitisme lancé en avril dernier.

Datée du 24 juillet 2015, une circulaire du ministre de l'Intérieur aux préfets apporte des précisions sur la mise en œuvre du plan national de lutte contre le racisme et l'antisémitisme. Présenté le 17 avril dernier par Manuel Valls (voir notre article du 20 avril 2015), ce plan, doté de 100 millions d'euros sur trois ans, comporte 40 actions, dont huit destinées à la mobilisation de tous les acteurs sur cette grande cause nationale 2015.
L'Etat veut notamment se donner les moyens de mieux choisir ses partenaires associatifs, à travers la mise en place d'un label "valeurs républicaines". "Les associations qui respectent et appliquent les valeurs de la République se verront attribuer un label national pour valoriser leur engagement citoyen et garantir la pérennité des financements", selon la circulaire. Le but de la démarche est bien de conditionner l'attribution de l'ensemble des subventions de l'Etat aux associations de lutte contre le racisme à l'obtention du label, confirme la Délégation interministérielle à la lutte contre le racisme et l'antisémitisme (Dilcra).

Des règles de "vigilance" et d'"exigence"

"Neutralité", "laïcité", "usage du français"… Les "valeurs républicaines" restent cependant à définir et les modalités de remise du label à préciser. La Dilcra est ainsi chargée d'établir un cahier des charges, après consultation des autorités déconcentrées de l'Etat.
L'"engagement" des associations pourra se matérialiser par la signature d'une "charte des valeurs républicaines", à l'instar de la charte récemment signée en Aquitaine dans le cadre du contrat de ville. Dans ce cas, la charte se décline en un volet de "vigilance" - entre les signataires du contrat – et un volet d'"exigence" vis-à-vis des structures financées. Ce dernier énumère des règles – liées notamment à la mixité et la laïcité – qui doivent figurer dans le règlement intérieur de l'association. Exemple parmi ces 10 règles : "La structure participe au vivre-ensemble et à la compréhension de l'autre contre tout repli identitaire et communautaire."
Plus globalement, des "plans territoriaux de lutte contre le racisme et l'antisémitisme" - adossés le cas échéant aux contrats de ville et articulés aux projets éducatifs territoriaux - devront être proposés aux maires et signés avant le 31 décembre 2015 "dans les territoires où une problématique a été identifiée".

Des parrains issus de la réserve citoyenne

Au chapitre de l'éducation et de la transmission de valeurs - qui réunit près de la moitié des mesures du plan -, la création d'un dispositif de "parrainage citoyen" est au programme. En parrainant un jeune de 16 à 20 ans, un adulte volontaire - issu de la réserve citoyenne - pourra l'aider à "s'impliquer dans la vie citoyenne, sous différentes formes (service civique, engagement associatif, bénévolat…)", mais aussi "dans ses démarches administratives, ses recherches de stage ou sa formation" et son insertion professionnelle. L'objectif est ainsi de "surmonter les handicaps voire les discriminations dont [ces jeunes] peuvent faire l'objet du fait de leur origine ou de leur lieu de résidence". En attendant une instruction de cadrage, les préfets sont invités à expérimenter la démarche, en s'inspirant notamment d'une initiative existante dans le Rhône.

Source de l'article :

http://localtis.info/cs/ContentServer?pagename=Localtis/LOCActu/ArticleActualite&jid=1250269384087&cid=1250269381512

 
 

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