PROSPER ALFARIC, LE CURÉ DEVENU CHANTRE DE LA LAÏCITÉ

Catégorie
REVUE DE PRESSE
Date
dimanche 7 mai 2017

Qui connaît vraiment Prosper Alfaric ? Les réponses doivent être majoritairement «non». Pourtant, cet homme a connu une existence des plus singulières. Il naît à Livinhac-le-Haut, le 21 mai 1876, et se dit marqué par les fastes de l'Église catholique, notamment lors du rituel dominical, avec «le prêtre dans son habit de lumière», racontera-t-il plus tard. Après une scolarité exemplaire, il reçoit le certificat d'étude. Puis le curé Austruy propose à ses parents d'en faire un prêtre.

Prosper Alfaric intègre le séminaire de Rodez et se verrait bien missionnaire, à une époque où la France étendait son empire colonial. Une fois ordonné prêtre, on le retrouve à Bordeaux, puis dans le Tarn, en 1905. Touche à tout, il s'intéresse aux sciences, à la philosophie, à la littérature, à l'histoire locale, notamment celle de Livinhac.

L'élection douteuse du pape Pie X, ajoutée à de nombreuses contradictions qui lui taraudent l'esprit depuis longtemps déjà, lui fait quitter l'église, se rapportant à une parole de saint Justin : «Pouvoir dire la vérité et la taire, c'est mériter la colère de Dieu». Il a lancé également cette phrase, étourdissante à l'époque : «Ce n'est pas Dieu qui a fait l'homme, c'est l'homme qui a fait Dieu, l'a conçu à son image…».

En 1912, il obtient une licence. Durant la Première Guerre mondiale, dont il est dispensé, il prépare un doctorat. Notre Livinhacois est nommé professeur d'histoire à l'université de Strasbourg.

À partir des années 1920, il n'aura de cesse de fouiller parmi les contradictions de l'Église, relire les textes des exégètes, devenir un spécialiste de l'histoire des religions et un chantre de la laïcité scolaire. Il devient également membre de l'Union rationaliste, crée le cercle Renan, terminant sa carrière à l'université de Clermont-Ferrand. Il meurt en mars 1955. De nombreux Livinhacois suivront son cercueil jusqu'au cimetière du village.

Aujourd'hui, les écrits de Propser Alfaric sont recherchés, notamment son livre «De la foi à la raison», ainsi que «Les Cahiers laïques» et la revue «L'Éveil de Livinhac-le-Haut». Ce texte s'appuie sur la conférence tenue récemment par Philippe Velez, à l'ASPIBD.

Didier Latapie

Source : http://www.ladepeche.fr/article/2017/05/07/2569831-prosper-alfaric-le-cure-devenu-chantre-de-la-laicite.html

 
 

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